Arman « Long term parking »

armanArman (1928-2005) est un artiste franco-américain qui appartient au mouvement néoréaliste. Ce Mouvement artistique pose la question du statut de l’objet dans l’oeuvre d’art comme dans notre société. Que ce soit dans l’expression par « l’accumulation » chez Armand Fernandez (Arman) ou par la « compressions » de César (1921-1998), l’objet est, d’une part, à la fois sujet et élément de composition de l’oeuvre. D’autre part, le détournement de l’objet, opéré par les artistes néoréaliste, vise à combler le fossé entre l’art et la vie.

 

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En 1982, Armand Fernandez crée son Long term parking, une tour de 20 m composée de 59 voitures superposées les unes sur les autres, coulées dans 6000 tonnes de béton. Qu’il soit question d’instruments de musique, de boite de conserves ou de voiture, le regard de l’artiste est toujours porté sur la société de consommation. Par « l’accumulation », il efface la singularité et impose à travers l’art une vision brute de la société d’abondance. Ainsi il apporte une nouvelle perception d’une réalité, d’un quotidien, d’une époque.

D’emblée, une réflexion sur le temps est au centre de cette oeuvre, car Arman voulait que sa sculpture vieillisse. Qu’à travers les années, les voitures se dégradent et ne laissent plus qu’une empreinte de sa présence dans le béton. Il montre ainsi que rien ne résiste au temps, pas même les objets qui un jour étaient sources de convoitise. On peut parler, de « vanité moderne ».

 

602790Ce parking longue durée témoigne aussi d’un présent qui a été figé, capturé dans le béton. Le sujet qu’est la voiture représente donc la production de masse, la mode, d’une époque désormais révolue.

Par ailleurs, l’oeuvre met en exergue une réflexion sur la société urbaine. Un monde de béton où la voiture, mode de transport par excellence, donne l’illusion de mobilité à l’homme urbain de plus en plus sédentarisé, de plus en plus coupé de la nature. Long term parking, n’est-ce pas aussi exprimer par l’art, l’idéal de dépassement d’un modèle de société urbaine trop dépendante de la voiture?

 

En conclusion, Long term parking est une oeuvre-témoin d’une époque et d’une société dépeintes  de manière brute et froide par l’artiste. De même que les « papiers collés » de Braque et Picasso réalisés en 1910, qui se sont vues jaunir et perdre de leur blancheur face au temps, les voitures figées d’Arman vont s’oxyder et pourrir pour laisser place à une empreinte dans le béton. Ils deviendront ainsi le fossile géant d’une époque qui témoigneront que les objets du quotidien détourné de leur fonction première, de leur utilité, ont toutes leurs places dans l’art.

 

sources: http://histoiredarts.blogspot.fr/p/arman-long-term-parking-1982.html

 

 

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